Vers une sortie de crise avec le syndicat: l’optimisme du ministre du Budget

juillet 14, 2018 4:38
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 «Le syndicat n’est pas contre la hausse du prix du carburant. Je suis convaincu que nous nous entendrons, … le prix du litre d’essence en Sierra Leone est passé à 11 546 fg»

Le ministre du Budget, Ismaël Dioubaté a déclaré que les syndicalistes ne sont pas contre l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Toutefois, M. Dioubaté se montre confiant quant à une possible entente  avec le mouvement syndical. Il fait ses déclarations à la faveur de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel ce samedi 14 juillet à Gbessia.  

«Les syndicalistes sont de très bonne foi. Ils sont patriotes et ils comprennent parfaitement la situation de notre pays. Ils ne sont pas contre l’augmentation du prix du carburant. Je suis convaincu que nous nous entendrons. Il y a eu une incompréhension due au temps. Le Gouvernement a été changé le 25 mai. C’est à partir du 4 juin que les ministres sont rentrés en fonction. Pendant ce temps, le syndicat était en réunion de l’OIT (Organisation Internationale du Travail)  à Genève, en Suisse. Par la suite, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana est aussi allé en mission à Bruxelles. Néanmoins, le PM a demandé à ce que ses ministres soient en contact permanent avec le syndicat. A son retour, il a reçu le syndicat. L’administration étant une continuité, le gouvernement précédent avait pris des engagements  avec les bailleurs de fonds pour réajuster le prix du carburant à la pompe à partir du mois juillet. Donc, nous étions tenus par le délai suite aux différents calendriers», a expliqué M. Dioubaté.             

Pourquoi l’Etat a augmenté le prix du carburant ?

«D’abord notre pays n’est pas producteur de pétrole… Donc, ce n’est pas nous qui fixons le prix. En 2016, nous avons signé un accord avec le syndicat. Aujourd’hui, le prix du baril à l’international se situe entre 75 à 78 dollars. Pendant ce temps, le prix du litre du carburant à la pompe au Mali est à 700 F CFA ce qui donne 11 500 fg. En Côte d’Ivoire, c’est 698 FCFA, soit 10 700 fg. Tout le carburant que nous achetons pour notre pays,  part dans ces pays limitrophes (…). Le nombre de station d’essence entre Kankan, Siguiri jusqu’à Kourémalé a considérablement augmenté. Rien que pour les six mois, la Guinée a perdu 765 milliards de francs guinéens. Tout est subventionné dans ce pays, l’électricité, l’eau, le riz etc. Dans tous les pays du monde, on ne demande à personne, quand le prix du baril monte, le prix du litre aussi suit cette augmentation. C’est le principe de la flexibilité. Ici, les gens ne paient pas le courant. Cela fait pratiquement 1 200 milliards de francs guinéens de subvention dans ce secteur. Si on ne le fait pas, les gens n’en auront pas. Dans les autres pays, l’électricité est payée à partir des cartes de crédit… La subvention sur le carburant ne profite pas aux pauvres, mais plutôt aux industriels. Il ne faut pas faire savoir que les 2 000fg d’augmentation sont de nouvelles recettes. C’est faux ! Mais c’est pour arrêter la perte, c’est comme si on prenait une marchandise à 10 000 fg et la vendre à 8 000fg», a expliqué le ministre du Budget qui a fait savoir qu’en Sierra Leone le prix du carburant a été réajusté à la pompe et passe à 11 546 fg. Sans que cela, précise-t-il, ne suscite aucun bruit dans la cité.

«Les politiciens sont en train de se battre pour eux-mêmes et non pour le peuple. Pas plus tard qu’hier, la Sierra Leone à côté, a augmenté le prix du litre du carburant à la pompe de 6 000 à 8 000 lions. Cela fait en Guinée 11 546 fg. Personne n’a entendu des bruits. Tenez-vous bien, je parle d’hier (vendredi 13 juillet 2018, NDLR)», a-t-il conclu.