Victoire d’Alpha Condé : l’épilogue en queue de poissons d’un scrutin controversé

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La victoire du président sortant sur ses adversaires, dès le premier tour de la présidentielle du 18 octobre n’est que l’épilogue en queue de poissons d’un scrutin controversé. En témoigne la terreur que font régner les forces de défense et de sécurité sur les opposants au régime, dont le nombre de victimes se compte à la pelle, depuis lundi.

Les résultats provisoires rendus publics ce samedi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), attribuant la victoire au président sortant avec  59,49 % pour cent des voix, ne  feront qu’exacerber le climat de tension dans le pays. C’est le moins qu’on puisse écrire, vu que ces résultats sont en porte-à-faux avec ceux brandis par le challenger du président. Cellou Dalein Diallo, on se souvient,  avait de manière anticipée, annoncé sa victoire à ce vote avec 53% des voix, se basant sur  des chiffres compilés par son parti.

Cette auto proclamation vivement condamnée aussi bien à l’interne que par des partenaires de la Guinée, a valu à Dalein d’être séquestré à sa résidence, depuis mardi par un déploiement policier important. Pendant que la rue s’embrasait dans les fiefs de l’opposition, autant dans la capitale que dans les provinces intérieures.

Des violences qui ont fait près d’une trentaine de morts et des centaines de blessés, à en croire l’opposition. Alors que le gouvernement de son côté semble minimiser ces tueries, dont l’écho n’apparait nulle part dans les différents discours des ministres, dont le langage est plutôt teinté de mépris pour les victimes.

Cette confusion entretenue autour des résultats d’un vote qui s’est déroulé de manière acceptable dans l’ensemble, malgré l’interférence de l’administration dans le processus, n’avait pas sa raison d’être si la Ceni jouait sa partition de libre arbitre, sans parti pris.

La partialité de l’institution est pointée du doigt même en son sein. Comme le confirme la démission de deux de ses membres, en colère contre le flou qui entoure selon eux, le processus de compilation des résultats issus des urnes.

Ce psychodrame illustre si besoin en était que cette Ceni n’a fait qu’enfoncer un coin entre le président et son principal opposant.

Alpha Condé peut certes savourer déjà sa victoire pour un troisième mandat, toutefois le président aura du mal à regagner la confiance du peuple. Après dix ans d’une gouvernance au fil de l’eau, gangrenée par le népotisme et la corruption. Une  gestion néo patrimoniale de l’Etat en somme.