Vie des détenus en Guinée: des missions de l’INIDH attendues dans les prisons pour faire changer la donne

septembre 7, 2018 6:40
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Les membres de l’Institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INIDH) ont tenu une plénière ce vendredi 7 septembre à Conakry. Une assemblée qui a essentiellement porté sur le monitoring des prisons et l’élection d’une rapporteuse générale au sein de l’organe. Elle a mobilisé 22 commissaires sur les 28 que compte l’institution.

C’est Mme Hawa Kéita qui a été élue par ses pairs au poste de rapporteuse générale de l’INIDH. S’agissant du second volet de la rencontre, il a été décidé qu’à partir du lundi 10 septembre, des missionnaires de l’INIDH seront déployés dans les prisons de l’intérieur que dans celles de Conakry.

Selon son président, Dr Alia Diaby, l’objectif vise à avoir des informations claires, crédibles, actualisées et qui répondent aux exigences de comparabilité sur le plan international concernant les centres de détention du pays.

Bâtiments vétustes, conditions de détention exécrables et précaires, droits des détenus bafoués, pensionnaires des concessions carcérales malades, sous-alimentés, déshydratés ou mal nourris. Telles sont les informations qui proviennent des prisons guinéennes.

Par sa nouvelle option donc, l’INIDH entend donner un avis qui soit celui d’un arbitre. «Nous avons l’obligation de rendre compte à la nation. Et nous voulons que dans notre rapport de 2018 qu’il y ait un élément important sur les prisons et les informations qui peuvent être utilisées sur le plan international », affiche-t-il.

Certes, il y a souvent des cas de violations des droits de l’Homme de la part de l’Etat, notamment à travers les agents des forces de l’ordre. A propos, l’Institution nationale indépendante des droits humains fait noter que ces violations sont devenues horizontales depuis un certain temps.

Citant en exemple le récent cas de Labé où la bagarre entre deux citoyens a viré au drame, Dr Diaby rappelle qu’à l’issue de cette bagarre, les sapeurs pompiers venus pour mettre de l’ordre, ont plutôt assisté impuissants à l’incendie de leur véhicule.

Il en est de même dans plusieurs localités du pays notamment à Kankan, Siguiri, Boffa et Conakry où les populations privilégient la justice populaire, estimant que l’appareil judiciaire est défaillant.