Violation des droits de l’homme en Guinée : l’OGDH interpelle l’Etat et sollicite l’implication des partenaires

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Après le collectif des avocats de la défense hier jeudi, c’est au tour de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) de s’exprimer sur la situation sociopolitique actuelle en Guinée.

Dans sa déclaration de circonstance lue en conférence de presse ce vendredi 20 novembre à la Maison de la presse, l’OGDH décrit ‘’un climat délétère en raison des violences enregistrées le lendemain du scrutin du 18 octobre 2020 et les jours qui ont suivi…’’

Dans ce document lu par son secrétaire général, l’OGDH indique que « …notre organisation a été informée d’une vague d’arrestations et détentions d’opposants au troisième mandat pour divers motifs, parfois en violation des règles de procédure pénale les plus élémentaires… »

Parmi ces arrestations, les noms des responsables politiques de l’opposition récemment arrêtés sont cités. Il s’agit de Chérif Bah, vice-président de l’UFDG, Ousmane Gaoual Diallo, coordinateur de la cellule de communication et ancien député de l’UFDG, Abdoulaye Bah, membre du bureau exécutif national de l’UFDG, Etienne Soropogui, du mouvement ‘’Nos valeurs Communes’’ et de l’ANAD et Cellou Baldé, coordinateur des fédérations de l’UFDG à l’intérieur.

Il a également évoqué le nom de Saïkou Yaya Diallo du centre guinéen pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CPDH), condamné le 16 novembre dernier à 1 an de prison assortis de 5 mois de sursis alors qu’’’aucune preuve de sa culpabilité n’a été présentée’’, selon ses avocats.

Parlant du cas du cas du conseiller juridique du FNDC, l’OGDH a relevé ceci : « notre organisation rappelle qu’en dépit d’une ordonnance et d’un arrêt rendu par les juridictions ordonnant tous, sa mise en liberté et son placement sous contrôle judiciaire, M. Saïkou Yaya Diallo a été maintenu illégalement en prison pendant plusieurs mois en violation de ces décisions de justice », dénonce les conférenciers.

Et de rappeler que ‘’ce procédé d’intimidation et de répression d’opposants politiques et de militants de société civile est contraire aux principes démocratiques et à la Charte africaine pour la démocratie et les élections.’’

Le cas de Thierno Ibrahima Sow, décédé en situation de détention, dans des circonstances encre non élucidé a été également pris en compte dans cette déclaration. « Par la même occasion, notre Organisation exige à ce que des enquêtes sérieuses soient menées dans les meilleurs délais concernant la mort du détenu Thierno Ibrahima SOW, décès survenu le lundi 16 Novembre 2020. »

 A part ces cas les plus illustratifs, selon la déclaration, « … il ressort de plusieurs témoignages concordants recueillis par notre Organisation, depuis octobre 2019, que la plupart des personnes tuées pendant les manifestations contre le troisième mandat ont reçu des balles, et en dehors des périmètres de manifestations parfois. Et, certains parents et proches qui sont venus secourir ces victimes ont fait l’objet d’arrestations, de détention arbitraire, de violences et d’humiliation par le fait des agents en uniformes. En dépit de l’indignation que cela a suscité tant au niveau national qu’international qui a conduit à l’ouverture d’enquêtes judiciaires par les autorités, notre organisation déplore la lenteur qui caractérise ces différentes procédures qui devraient permettre aux victimes d’obtenir justice. »

De ce constant amère, « l’OGDH interpelle l’Etat guinéen à garantir les droits et libertés fondamentales des citoyens conformément à ses obligations internationales. Elle en appelle également à une meilleure implication de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etats Unis d’Amérique et des Nations Unies dans la crise politique actuelle afin d’éviter que le pays ne retombe dans un autre climat de violence susceptible d’engendrer d’autres violations graves des droits de l’Homme. »

A noter que les conférenciers promettent, dans un futur proche, une liste plus fournie de victimes de ces exactions et autres violations des droits de l’Homme.