Violations des droits de l’homme en Guinée : la diaspora sonne l’alerte dans les capitales étrangères

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Les Guinéens de la diaspora ne sont pas restés de marbre après les violences enregistrées ces dernières semaines à Conakry. Ils étaient nombreux à battre le pavé dans les capitales étrangères (Paris, Bruxelles, Montréal, Washington, Dakar et Genève). Des centaines de personnes dans les rues de ces capitales pour dénoncer disent-elles, « la dérive dictatoriale » du président Alpha condé arrivé au pouvoir en 2010.

Suite à ces séries de manifestations de la diaspora dans les grandes villes occidentales, ce fût, le tour de Genève, vendredi, de rentrer dans la danse. Sous une pluie battante, plusieurs centaines de personnes ont participé ce vendredi 23 novembre 2018 de 15h à 18h à une marche pacifique sous escorte de la police genevoise, pour protester contre les violations massives des droits civils, politiques, économiques en Guinée.

La gouvernance actuelle d’Alpha condé n’enchante pas pour autant la communauté guinéenne de France, Belgique, Canada, USA, et la Suisse qui est massivement sortie pour s’opposer et s’indigner, remarque-t-on.

Devant l’ONU, on notait la présence, des associations de défense des droits de l’homme, des représentants des partis politiques, la presse étrangère, des sympathisants et amis de la Guinée, affirme Thierno Brel Barry, le correspondent de Guineenews à Genève.

Tous avaient la même ferveur de chanter fort de multiples slogans pour exprimer leur indignation face au régime du président Alpha Condé. Ils étaient aussi venus affichés leur solidarité aux peuples guinéens qui vivent une situation de régime exceptionnelle, a rappelé un membre d’une organisation de défense des droits de l’homme qui était présent.

« Dans le calme, les manifestants brandissaient des pancartes avec des images assez inconvenantes des victimes des manifestations organisées, par l’opposition républicaine et scandaient des slogans assez hostiles à l’encontre du locateur de Sékhouteraya. On pouvait lire sur ces pancartes entre autres : ‘’Alpha condé dictateur, tribaliste, despote, diviseur, ethnocentre, non à la corruption, il faut mettre un terme à l’injustice sociale.’’ », nous rapporte le correspondant de Guineenews à Genève.

Faut-il noter que la communauté guinéenne vivant aux Etats-Unis a, elle aussi, exprimé son ras-le-bol à Washington DC où elle a déposé un mémorandum pour dire stop aux violences et tueries qui endeuillent de nombreuses familles dans le pays. La marche qui s’est terminé devant le Département d’Etat vise à attirer l’attention des USA sur les graves dérives en matière de droits de l’homme et de libertés individuelles et collectives. A l’occasion de cette manifestation, ces Guinéens de la diaspora exigent à la justice guinéenne de diligenter des enquêtes afin que lumière soit faite sur tous les cas de morts.

Selon notre correspondant à Genève, les manifestants scandaient devant le palais des Nations-Unies les slogans du genre : ‘’À bas l’interdiction de manifester en Guinée ; À bas la dictature prônée par Alpha condé ; A bas les assassinats ciblées dans la commune de Ratoma ; Non à toutes velléités de changement de la constitution ».

La situation sociopolitique dégénère de plus en plus en Guinée, alors que des pressions montent tous azimuts partout à l’intérieur du pays depuis les élections communales et communautaires et ciblent le gouvernement en place. 

Selon Souleymane, un des organisateurs de ladite manifestation à Genève, qui s’est confié à Thierno Brel Barry, :« la diaspora guinéenne est sortie de son mutisme face à la situation sociopolitique dégradante qui sévit en Guinée. » Les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol contre les « les dérives dictatoriales dit-il » du régime Condé. Pour sa part, Ibrahim Diallo, fonctionnaire à l’Etat de Genève, cette marche vise à montrer à la communauté internationale et la face du monde que « rien ne va en Guinée. Plus loin il dit ceci «  la manifestation vise à attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le danger qui guette la Guinée  face à des multiples violations des droits de l’homme en République de Guinée, et la volonté manifeste de M. Alpha condé de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir à vie »

Dans la même lancée, Rama Fria, une activiste convaincue très en colère venue depuis le canton de Vaud (Lausanne) a enfoncé le clou en disant ceci :« à la suite de chaque manifestation, des expéditions punitives sont organisées par les membres des forces de l’ordre dans les quartiers réputés proches de l’opposition républicaine en y commettant toutes sortes d’exactions.

Par ailleurs, le doyen de la communauté, Elhadj Mamadou Bobo Diallo, est en colère : « nous condamnons fermement les violations des droits et libertés des Guinéens et demandons à M. Alpha condé de faire preuve de sagesse et de responsabilité et regrette de voir Alpha condé qui s’est battu pendant plusieurs années devenir un frein au processus démocratique. Il lance un appel au peuple guinéen épris de paix et de justice de continuer la lutte jusqu’à la victoire finale, félicite et encourage les manifestants qui n’ont ménagé aucun effort pour répondre massivement à cet appel malgré la pluie.

De son côté, Sadou Bah, un citoyen guinéen à Genève, ne comprend pas qu’Alpha condé se réclame professeur de droit mais il ignore la démocratie. Selon lui, le bonheur des Guinéens est dans le passé. Il dénonce le silence passif de la France face à un dictateur qui est en train de massacrer son peuple qui n’a aucune volonté de créer une atmosphère de stabilité. Il a rappelé que M. Alpha condé a été soutenu par tous les Guinéens lors de son arrestation à Piné (Lola) par Lansana conté. A l’en croire, c’est très étonnant et surprenant de voir ce dernier terroriser son peuple aujourd’hui.

Un fait majeur qui a attiré l’attention du public à Genève, rapporte le correspondant de votre quotidien électronique, c’est le discours d’un manifestant qui dit ceci : «je demande maintenant que nous nous organisions partout dans le monde et à Genève en particulier pour nous occuper des fonctionnaires guinéens qui viennent en mission à Genève. IL faut leur faire comprendre que nous sommes contre la militarisation de notre commune et contre les assassinats ciblés. Enfin, soutient-il, avec la « loi du Talion » œil pour œil dent pour dent. Comme pour dire maintenant, tous les fonctionnaires guinéens qui viennent en mission ne sont pas les bienvenus à la cité de Calvin.

Au terme de la manifestation de Genève, les organisateurs ont déposé un mémorandum à l’intention du Secrétaire général des Nations-Unies, M. Antònio Guterres, et au Haut-Commissariat des Droits de l’Homme, affirme Thierno Brel Barry.

Enfin, à Genève, un manifestant martèle : « la société civile prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les graves violations des libertés individuelles et collectives et la volonté manifeste du président Condé de changer la constitution pour un troisième mandat qui, si on y prend garde, entraîneront la Guinée dans une guerre civile aux conséquences incalculables. »

Faut-il noter que depuis l’arrivée de M. Alpha Condé au pouvoir, plus de cent âmes guinéennes ont disparu dans la plus grande impunité.

Pour le cas de la Guinée, le président délégué pour la Guinée au sein du Groupe d’amitié sénatorial France-Afrique de l’Ouest, a exprimé son « inquiétude sur l’évolution de la situation en Guinée, au regard des tensions et de la violence qui se développent dans le pays.  Au cours des derniers mois, plusieurs morts sont à déplorer lors de manifestations sans que des enquêtes ne soient systématiquement instruites pour en déterminer les causes et les auteurs ».

Jean-Yves Leconte dira enfin que: « le dialogue est aujourd’hui indispensable entre l’ensemble des forces politiques et sociales de Guinée, afin d’éviter que le pays ne sombre dans un nouveau cycle de violences de plus en plus inquiétant ».