Violence post-électorale : Déclaration du candidat Me Kabèlè Camara

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« Si, à l’évidence, la déclaration de victoire du candidat de l’UFDG était prématurée, cela ne saurait justifier le barricadement de son domicile ni les nombreux cas de morts que nous avons pu déplorer ces derniers jours. La réaction des autorités est tout à fait disproportionnée. »

Déclaration

Chers compatriotes,

Notre pays traverse actuellement une période extrêmement difficile. Le face à face entre les autorités et les populations n’est pas de nature à nous rassurer quant à l’avenir de la Guinée. Une fois de plus la vie du Guinéen est désacralisée.

La crise post-électorale que nous connaissons ne peut expliquer à elle seule la violence et les dérives auxquelles nous assistons. Nous en appelons au calme et à la retenue.

Certes la proclamation des résultats provisoires revient légalement à la CENI. Mais en pratique, chaque parti a le droit de compiler ses résultats déjà affichés dans les bureaux de votes. L’affichage en soi est constitutif d’un acte de publication partielle.

Si, à l’évidence, la déclaration de victoire du candidat de l’UFDG était prématurée, cela ne saurait justifier le barricadement de son domicile ni les nombreux cas de morts que nous avons pu déplorer ces derniers jours. La réaction des autorités est tout à fait disproportionnée.

Le Rassemblement Guinéen pour le Développement fait donc appel au sens de responsabilité de chacun afin de préserver la vie des guinéens et de leur épargner des souffrances inutiles.

Cette crise porte en elle les germes de la mal gouvernance. La situation déplorable à laquelle nous assistons n’est que la conséquence directe des dysfonctionnements récurrents et des violations répétées des lois. Nous invitons toutes les parties à agir dans le cadre de la légalité.

La CENI doit faire valoir son indépendance et rester à équidistance de tous les candidats en se conformant au code électoral. La crédibilité de son travail est à ce prix. Les autorités étatiques doivent respecter le résultat des urnes. Les irrégularités et les tripatouillages constatés dans les bureaux de vote par les délégués des partis politiques font le lit de la violence dans notre pays et personne n’y a intérêt.

Les partis politiques doivent faire preuve de tempérance et former leurs militants dans le sens du respect de la loi, de la propriété privée et des édifices publics. Nos institutions judiciaires doivent pleinement jouer leur rôle de tampon entre la force publique et les citoyens. La crise de confiance et la défiance envers elles expliquent en partie le recours systématique à la rue pour se faire entendre. Et cela n’est pas souhaitable en démocratie.

Nos forces de l’ordre doivent agir dans le strict cadre de la loi. C’est en cela qu’elles sont dites républicaines. Pour éviter le pire, force doit rester à la loi. Le maintien de l’ordre public doit se faire dans le strict respect de la loi, même en cas de troubles majeurs.

L’intervention des forces de l’ordre obéit à des règles bien précises, lesquelles, si elles sont respectées, doivent permettre de préserver la vie humaine. Et cela doit être un objectif pour nous tous. La stabilité et la sécurité de notre pays en dépendent.

Mon Pays- Ma Fierté

Vive la République de Guinée

Maitre Abdoul Kabèlè CAMARA