Violences conjugales à Forécariah : une femme perd l’usage de ses jambes après avoir été battue par son époux

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L’acte s’est déroulé à Forécariah après 4 ans de mariage. En effet, une jeune femme âgée de la vingtaine a été frappée et ligotée par son époux jusqu’à ce que s’en est suivie une paralysie totale de ses jambes. Aujourd’hui, le dossier est transféré au niveau du tribunal de première instance de Kindia et les parents de la victime demandent à ce que justice soit rendue.

Mariée à l’âge de 19 ans, Aïssatou Sow aurait subi de nombreux cas de violences de la part de son époux. Des sévices qui ont fini par paralyser la pauvre jeune dame aujourd’hui.

« C’est mon mari qui m’a frappé et aujourd’hui je ne peux plus marcher. Mes pieds ne peuvent plus soutenir le poids de mon corps. Mon mari quittait d’un voyage à Kindia. Il est rentré à la maison aux environs de 00 heure. Il m’a trouvé à la maison et m’a réveillé dans mon sommeil avec un fouet qu’il détenait en main. Mais bien avant qu’il n’effectue son voyage, on ne s’entendait pas. Il est donc venu me trouver avec un téléphone et m’a reproché d’être trop accro du téléphone. Je lui ai répondu en lui disant que si cela qui pose problème, je le dépose alors. Je suis rentrée dans la chambre et puis il m’a retiré le téléphone. C’est par la suite, il m’a dit de faire mes bagages et de quitter chez lui. Je lui ai dit de me donner le transport pour que je puisse rentrer chez mes parents. Il m’a dit qu’il ne travaille pas actuellement. Avant d’ajouter qu’il voyageait le lendemain sur Kindia. Il m’a dit d’aller avec lui mais moi, je pensais qu’il était en train de blaguer. A son retour, il est venu se jeter sur moi aux environs de 00 heure, ma coépouse était dans sa chambre, il m’a frappée avec le fil et m’a demandé où se trouve le couteau ? Je lui ai répondu que je ne l’ai pas vu. Il a dit que s’il l’avait retrouvé, il allait me poignarder avec. Je l’ai supplié de ne pas me tuer et de me divorcer de préférence… », a témoigné la victime Aïssatou Sow.

Suite à ces maltraitances, Cellou Sigol Diallo, le président du comité local de protection des enfants précise : « nous nous sommes rendus sur les lieux et nous avons constaté que cette femme est victime de bastonnades. En 4 ans de ménage, elle est violentée plusieurs fois par son mari. Ces violences lui ont causé énormément de problèmes. Aujourd’hui elle est paralysée et son état est grave. Mais, nous continuons les démarches afin que la justice soit rendue et qu’elle soit rétablie dans ses droits. Toutes les structures qui sont impliquées dans la gestion du système de protection des enfants demandent aujourd’hui une prise en charge de la dame voire la faire évacuer sur Dakar s’il y a possibilité. »

Dans la région administrative de Kindia, les violences faites aux femmes et aux filles prennent de plus en plus des proportions inquiétantes. En 2019, l’inspection régionale de l’action sociale de la promotion féminine et de l’enfance de Kindia a enregistré 170 cas de viols, 173 de maltraitances physiques, 40 cas de mariages forcés et 35 cas de mutilations génitales féminines.