Visite surprise du ministre Taran aux opposants à la DPJ : signe d’une décrispation en vue ?

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La visite surprise que le ministre de la Citoyenneté a rendue hier vendredi aux opposants en garde à vue à la direction centrale de la police judiciaire (DPJ), pourrait peut-être faire changer le cours de leurs ennuis judiciaires. C’est du moins l’espoir que l’acte suscite chez Me. Alsény Aïssata, membre du collectif des avocats de la défense des mis en cause.

Pendant que l’arrestation et la garde à vue en cours des opposants Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah, Etienne Soropogui et Cellou Baldé sont décrites dans l’opinion comme une ‘’chasse aux sorcières’’ du pouvoir Condé contre les anti-troisième mandat, le ministre de la Citoyenneté Mamadou Tran Diallo a fait un geste qui pourrait décrisper la situation.

D’après Me Alsény, le ministre Taran Diallo a rendu visite individuellement à l’ensemble de ses clients. Il a même parlé à mon téléphone avec Cellou Baldé qu’on avait oublié parce que ce dernier était en audition dans un bureau, a-t-il confié.

« Le ministre était venu s’enquérir de leur état et de leurs conditions de détention. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié », a déclaré notre interlocuteur Me Alsény Aïssata.

A la question de savoir si cette démarche peut-elle être perçue comme une volonté du gouvernement de décrisper l’atmosphère devenue délétère entre le pouvoir et son opposition, l’avocat affirme : « on peut y penser… Que tout le monde sache que c’est une affaire politico-judiciaire. Donc la solution à cette affaire peut ne pas se trouver devant les juridictions, mais entre les politiques… C’est un ouf de soulagement. Nous saluons l’acte qu’il (le ministre Taran, ndlr) a posé. C’est un acte républicain (…) surtout en sa qualité de ministre de la Citoyenneté (…), c’est un rôle primordial pour celui qui coiffe un tel département.»

Pour rappel, des opposants, y compris un activiste de la société civile, sont arrêtés et ou recherchés pour des faits liés aux violences post-électorales, selon les autorités. Ce que conteste l’opposition qui dénonce « un montage ».  Il s’agit de Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé et Abdoulaye Bah, tous responsables de l’Union des forces démocratique de Guinée (UFDG),
principal parti de l’opposition, Etienne Soropogui, président du mouvement politique ‘’Nos Valeurs Communes’’, membre de l’ANAD et alliée électorale de l’UFDG et de Sékou Koundouno, le Responsable stratégie du front national de la défense de la constitution (FNDC). A noter que ce dernier n’a toujours pas répondu à la convocation de la DPJ. Parce que le FNDC dont il est membre y voit de la manipulation politique de la justice.