Voici ceux qui ont voté la constitution hier et qui crachent dessus aujourd’hui.

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Il est compréhensible que les opportunités politiques puissent rendre les hommes politiques amnésiques, mais il est inadmissible que le zèle amène à  traiter ceux qui ont adopté la constitution de 2010 d’ « imposteurs ». Si ce n’est s’injurier, soi-même. En effet, les partis politiques qui renient la légitimité de la constitution actuelle, sont ceux qui l’ont adopté avec véhémence en 2010. En effet, le RPG, l’UFC et les NFD étaient tous très bien représentés au sein du conseil national de transition.

Le RPG était défendu au CNT par les actuels députés Amadou Damaro Camara, Mamady Kandé et Mme Tenkiano Fatoumata Cissoko. Par leur lobbying et leur influence, ils ont réussi à faire sauter dans la constitution qu’ils renient aujourd’hui la limitation d’âge de 65 ans pour être candidat à l’élection présidentielle. Une disposition qui aurait empêché le président du parti RPG Alpha Condé d’être candidat à l’élection présidentielle de 2010.

Le juriste constitutionnaliste Maurice Zogbelemou Togba,  avait été envoyé au CNT par le parti UFR de Sidya Touré. Il avait donné toute son expertise pour verrouiller le nombre et la durée des mandats présidentiels à deux dans la constitution de 2010. Aujourd’hui, il donne son expertise doctrinaire pour faire l’inverse.

Le président du parti UFC  Aboubacar Sylla avait sa représentante au CNT nommée Mme Ilhiassou Diallo. Secrétaire parlementaire du CNT, elle a pris une part active dans la rédaction de la constitution de 2010 au nom de son parti. Elle a eu des brouilles plus tard avec son parti, pas à cause de la constitution, mais pour avoir refusé de démissionner du CNT en 2012, en violation des consignes données par le parti.

Le président du parti NFD Mouctar Diallo qui a qualifié le samedi dernier d’ « imposture» le mode d’adoption de la constitution de 2010 est l’homme qui  avait envoyé Boubacar Sidigui Diallo au CNT. Les NFD, à travers celui-ci, occupaient le poste de rapporteur de la commission constitutionnelle. Donc, ce parti était l’auteur principal de la constitution, donc l’ « imposteur en chef ».

Question : si les corps sociopolitiques qui composaient le CNT étaient des imposteurs, quel qualificatif donné aux juristes mercenaires étrangers qui sont entrain de rédiger la nouvelle constitution ?