Vraie fausse présence de rebelles à Coyah: voici ce qui s’est réellement passé

octobre 25, 2018 2:12
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 «Il n’y a aucune rébellion ni échanges de tirs. Ce sont des bateaux de pêches…», dixit le préfet de Coyah   

Tôt dans la matinée de ce jeudi 25 octobre, la population de Coyah a été prise de panique suite aux folles rumeurs qui faisait état de la présence de présumés rebelles le long des rives. Du coup, des barrages de contrôle ont été érigés partout par les forces de défense et de sécurité qui procédaient à des fouilles systématiques de tous les engins roulants. Dans les écoles, les élèves ont été libérés.

Au niveau des bras de mer de Kassonya où les bateaux de pêche dont l’arrivée a été à l’origine de ces folles rimeurs, Guinéenews a tendu le micro au Dr Ibrahima Barboza Soumah, préfet de Coyah : «il y a huit bateaux de pêche d’une société étrangère qui pêchaient au niveau de Dubréka, qui se retrouvent malheureusement ce matin au port de Kassonya. Leur présence ici a provoqué une panique généralisée dans la préfecture de Coyah. C’est hier mercredi vers 18h que nos populations riveraines de Wonkifong ont vu des bateaux alignés le long de leur rive qui pour rejoindre le port de Kassonya. Elles n’avaient pas l’habitude de voir de tels bateaux motorisés et avec un effectif important. Les populations, pour cette première fois, ont cru qu’il s’agissait des rebelles qui débarquaient chez elles. C’est ainsi que la panique s’est emparé de mes citoyens qui habitent ces rives et qui ont rejoint la terre ferme, précisément le chef-lieu de la Sous-préfecture. Ces citoyens, au niveau des villages traversés, ont grossi l’effectif pour rejoindre Coyah-centre et Wonkifong-centre avec un seul mot, les rebelles ont débarqué dans nos villages où ils sont en train de tuer», a précisé le préfet de Coyah.

Selon le Dr Ibrahima Barboza Soumah, les autorités préfectorales, aussitôt informées, ont pris des dispositions en envoyant sur les lieux des forces de sécurité et de défense qui y sont restées de 2h à 4h du matin à la recherche des présumés rebelles, en vain.

C’est seulement vers 5 heures du matin que les autorisés qui disent avoir instauré l’état de siège ont été informées de la présence des bateaux au port de Kassonya. En compagnie du préfet maritime, l’équipe du préfet a rallié les lieux. Arrivés, ce sont ces huit bateaux de pêché qu’ils ont vu alignés. Du coup, la panique qui s’est emparé de la population a été dissipée.

«Nous avons constaté que ce n’était pas une rébellion, mais d’une société de pêche étrangère qui est venue pour débarquer ses produits de pêche sans l’autorisation des autorités administratives. Nous avons pris la première décision d’arrêter tout le monde et de mettre main sur l’équipage avant d’informer la hiérarchie en attendant l’arrivée des responsables du ministère de la Pêche pour apporter des éclaircissements sur ces bateaux. La marine aussi, alertée nous a rejoints et aujourd’hui les huit bateaux sont arraisonnés. Le ministre nous a rejoint et les bateaux vont être drainés à Conakry pour être mis à la disposition des autorités gouvernementales pour des fins d’enquête », a ajouté le préfet tout en démentant des échanges de coups de feu entre les occupants des bateaux et la gendarmerie maritime, comme faisaient croire certaines informations.

Après vérification des contenus, les gendarmes disent avoir vu à bord que du poisson. Et au moment où nous quittions les lieux aux environs de 12h, ce sont de nombreuses femmes massivement mobilisées qui entonnant des chants et des pas de danse pour exprimer leur joie de constater qu’il n’y avait aucune présence de rebelles dans leur localité.