Wanindara: des ministres d’Alpha Condé chez les parents des victimes du 14 et 15 octobre dernier

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À la tête d’une délégation gouvernementale, le ministre de la Citoyenneté et de l’Unité nationale Mamadou Taran Diallo s’est rendu mardi, à Wannidara, dans les familles de trois jeunes tués lors des manifestations du FNDC, les 14 et 15 octobre 2019. La délégation était aussi composée du ministre de l’Hôtellerie Thierno Ousmane Diallo et du secrétaire général aux affaires religieuses Djamal Bangoura.

Dans une première famille, les ministres et leur suite ont été accueillis par les parents de Mamadou Karfa Diallo et Thierno Sadou Bah. Ici, on nous apprend que les deux jeunes ont été tués dans la cour de leur maison, dans la journée du 14 octobre, alors qu’ils ne faisaient même pas partie des manifestants. Le lendemain, pendant qu’on venait présenter les condoléances aux parents, la foule aurait été dispersée par des forces de l’ordre qui auraient tiré sur le père. Celui-ci a été blessé.  Ici, la délégation gouvernementale a présenté les condoléances du Président de la République et de son Premier ministre à la famille. En langue pular, le ministre Thierno Ousmane Diallo a indiqué que des enquêtes vont être menées pour situer les responsabilités… Des prières ont été prononcées pour le repos de l’âme des défunts.

De la première cour, la délégation s’est rendue dans une seconde. Là, Ibrahim Diallo, l’oncle d’Abdoulaye Sow – qui serait tué alors qu’il était allé acheter du haricot pour son petit-déjeuner – est largement revenu sur les circonstances de la mort de son neveu. « C’est vous les autorités qu’on pointe du doigt. Puisque c’est vous qui devez vous entendre pour faire la paix », a-t-il dit à la délégation. En dépit de tout, Ibrahim Diallo dit avoir tout pardonné. « On n’est pas mieux que les familles des autres victimes. S’il n’y a pas eu justice ce n’est pour nous qu’il y aura justice. Il n’y a pas de justice. Nous n’avons seulement qu’à attendre la justice de Dieu », a-t-il dit, alors que la délégation venait de promettre que justice sera rendue.

A la différence d’Ibrahim Diallo, Mamadou Bobo Barry, dont un frère a été tué à Mamou le 14 octobre, tient à ce qu’il y ait des enquêtes sérieuses qui vont aboutir à un jugement des coupables. Il a surtout lancé un appel à l’endroit des ministres de la Citoyenneté, de la Justice, de la Sécurité et de la Défense. « Ça fait mal… Depuis le 11 février 2011 jusqu’à nos jours, on a enregistré 114 morts. C’est trop, il faut que cela cesse ! », a dit Mamadou Bobo Barry qu’on a trouvé dans la cour d’Ibrahim Diallo.

A la fin de ces visites, le ministre de la Citoyenneté a déclaré à la presse que « lorsque nous avons des douleurs, elles restent partagées par tous les Guinéens. » « C’est pour également réconforter les familles. Le Président de la République a demandé que toutes les familles des victimes soient rencontrées et que compassion soit partagée… Le Président et son Premier ministre  ont dit qu’on va faire des enquêtes et faire l’autopsie des corps pour savoir ce qui s’est réellement passé et prendre des dispositions comme toujours pour que ces choses ne se répètent plus…», a-t-il poursuivi.