Windhoek: la SADEC désapprouve les réformes et innovations africaines de Paul Kagame

août 20, 2018 11:28
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Lors du dernier sommet de l’UA tenu en Mauritanie, l’ordre du jour, qui comportait la lutte contre la corruption avec la suppression de certains emplois et postes administratifs, le prélèvement des 0,2% sur les importations des pays pour financer le fonctionnement de l’Union Africaine, l’ouverture d’une zone de libre échange entre autres, avait été boudé par presque la moitié des chefs d’Etats. A l’occasion, on avait entendu que 23 pays se sont déjà acquittés de leurs paiements des 0,2%, un pactole de 40 millions de dollars est déjà engrangé.

Les  membres l’organisation des Etats de l’Afrique australe absents à ce sommet de l’UA de Mauritanie, qui se sont réunis, ce week-end, à Windhoek, en Namibie, viennent de désapprouver ces réformes. Ils ont pensé tout haut, se faisant écho de l’Afrique du sud, le meneur de la contestation, que ces réformes ont été prises de façon unilatérale et autoritaire.

L’Afrique du sud n’est pas la seule à faire le difficile à ce sujet. Le Nigéria et l’Egypte ont aussi le même sentiment, et les trois sont les plus grosses cylindrées de l’économie africaine qui ne veulent rien entendre des combines organisées par un autre trio de deuxième division : Guinée, Tchad et Rwanda. On se demande si, à côté des cotisations traditionnelles, que certains pays paient avec toutes les peines du monde, comment ils feront pour s’acquitter de façon pérenne des 0,2% de plus.

Le problème devient compliqué. Alpha Condé avait un leitmotiv, celui de couper le cordon ombilical avec les bailleurs de fonds européens, qui financent le fonctionnement de l’UA, afin de rendre l’UA indépendante. Avec ce qui est déjà encaissé et ce qui ne sera pas encaissé, pourrait-on dire que l’UA roulera sur ses quatre roues?

Mais cette fronde anti-Kagame au sommet de la SADEC est aussi un camouflet pour Idriss Déby et Alpha Condé. Si ça ne tenait qu’à un camouflet passager, on ne dit pas, mais si cela doit affecter les prochains sommets bancals, qu’une seule partie paie ses 0,2%, c’est que l’Union Africaine est à deux vitesses et elle n’est pas faite pour aller loin, au risque de faire capot en cours de route pour prendre un coup d’assommoir qui l’étourdirait pour longtemps. Et Kadhafi n’est, malheureusement, plus là pour la réanimer.